En observant les écarts qu’a le langage texto avec le français il serait légitime de se poser la question en quelle mesure et comme et est ce que le support influence la communication ?

Evidemment, nous n’allons pas répondre à cette question, elle est trop vaste et touche a de nombreux domaines qui ne sont pas liés à la communication comme la philosophie, psychologie et sociologie. Voici juste quelques réflexions qui portent sur le sujet.

Le langage sms n’est pas une invention en soi, il prend ses sources avant tout dans la CMO (les chats entre autre) mais est en quelque sorte amplifiée à cause des contraintes technologiques. Il serait faux de les négliger : la taille fixe d’un message de 160 symboles, le non confort de composition de messages sur le clavier téléphonique poussent à réduire la taille de message.

Autre chose est l’essence même de communication par texto – par opposition aux conversations téléphoniques, ils sont conçus et utilisés dans la majorité pour transmettre une information courte, instantané, qui peut être compréhensible et acceptable (voir souhaitable) sans le contact plus personnel d’une conversation téléphonique. D’où le contenu avant tout à visée informative. En même temps, cette information ne doit pas être trop important ou compliqué, car à travers les texto nous ne contrôlons presque pas la réception du message, contrairement à la conversation téléphonique, qui offre beaucoup plus d’indices sur la rétroaction de l’interlocuteur.

L’élément de l’interface, aujourd’hui présent dans tous les appareils de téléphone mobile, un procédé d’écriture rapide « t9 », va au premier regard au contraire de la logique d’abréviation et de codification. Les personnes qui utilisent ce procédé tendent à écrire des messages plus proches au français correct. Mais on remarque que si cela permet de conserver la morphologie plus correcte, ce n’est pas toujours le cas pour la syntaxe. En effet, même si le « t9 » permet d’écrire les mots correctement, il n’empêche pas de sauter les éléments redondants de la langue (donc qui n’apportent pas le sens supplémentaire). Dans l’exemple Ce soir je suis malade et reste à la maison c’est le pronom je qui manque. Egalement on peut repérer les fautes qui relèvent des erreurs de manipulation du « t9 » : LA VESTE EST TROP CELLE MERCI BEAUCOUP. Dans cette phrase celle tient place pour le mot belle – pour écrire ces deux mots les manipulations à faire sont les mêmes (touches 2-3-5-5-3), la faute tient de ce que b et c sont placés sur la même touche 2 et les deux mots existent en français. Dans cette catégorie de fautes on trouve souvent (pas dans notre corpus) le le à la place de je, et des formes verbales erronées, par exemple un accent manquant, etc.