Le langage texto est donc dans quelque sorte le sommet du langage de CMO. Un élément qui marque beaucoup ce dernier est l’invention de l’écriture hypertextuelle (sa réinvention plutôt, car le Talmud était encore des siècles avant construit largement sur ce principe). L’écriture hypertextuelle marque une véritable rupture car l’écriture se reposait jusqu’alors sur le principe de linéarité, de suite bien ordonnée selon plusieurs paramètres de mots et de phrases, qui assurent la continuité à l’intérieur de la langue aussi que sémantique. Or, l’écriture hypertextuelle brise cette linéarité au profit de l’associatif et invente une écriture « composite » : à n’importe quel moment on peut brises la linéarité du texte en passant vers un autre texte, puis un autre, avant de retourner au texte premier. Ces passages ne sont pas clandestins. Le lien hypertextuel suppose toujours (si ils fonctionnent bien, bien sûr) un lien sémantique entre les deux. Contrairement au texte classique, où nous sommes obligés de suivre sa temporalité, la logique de son auteur, dans l’écriture hypertextuelle on fabrique notre «texte» soi même, qui suit notre continuité sémantique, selon nos associations. En d’autres termes, l’écriture hypertextuelle brise la coordination interne à la langue du texte et conserve la continuité sémantique.

Le langage des sms est en ce sens une écriture hypertextuelle. La linéarité morphosyntaxique peut être presque absente – pas de ponctuation, de prépositions de marqueurs de temps verbaux, etc. Le message est constitué d’une suite de mots forts en sens, reliés par une continuité sémantique. Le message est compréhensible si le « saut » entre les deux éléments n’est pas très grand : si en lisant le message texto on arrive a retracer la suite associative du producteur. Dans le cas contraire, le message est incompréhensible ou mène à une fausse interprétation.